Jessica a 19 ans, c’est une jeune fille forte et sur d’elle. En fixant l’horizon, elle se souvient et nous raconte son histoire.
Cela fait plus de 6 ans qu’elle et sa famille ont déménagé et se sont installés dans un quartier urbain marginal de la ville. Ses parents ont été renvoyés de la fabrique de bois dans laquelle ils travaillaient. Cette fabrique se situait dans l’extrême nord de la ville où ils vivaient alors.
Cela fait plus de 6 ans qu’elle et sa famille ont déménagé et se sont installés dans un quartier urbain marginal de la ville. Ses parents ont été renvoyés de la fabrique de bois dans laquelle ils travaillaient. Cette fabrique se situait dans l’extrême nord de la ville où ils vivaient alors.
Ne sachant pas où aller, la grand-mère de Jessica les a accueilli dans sa maison. Son travail est de vendre des fleurs au cimetière de San Diego. La maman de Jessica travaillait avec elle, jusqu’au jour où sa sœur lui a donné son poste de ménagère dans une entreprise municipale. Le père de Jessica n’a jamais été un soutien, il maltraite constamment physiquement et psychologiquement sa femme et ses enfants. Souffrant de pharmacodépendance, il vend de la drogue et vole les passants dans le centre historique de Quito.
Après un certain temps, la famille a pu trouver une chambre afin de vivre indépendament de la grand-mère mais le salaire de la maman ne suffisait pas pour couvrir les frais de logement et d’éducation des trois enfants. Comme ils ne pouvaient plus payer le loyer, on leur a coupé l’électricité et l’eau. Un jour Orlando, le petit frère de Jessica, a demandé un dollar à sa grand-maman pour acheter des chiclettes et est parti les vendre dans les bus. C’est lors d’un de ces premiers jours de vente, que Orlando a rencontré une travailleuse sociale de la Fondation. Celle-ci est ensuite allée visiter la maman à son travail. « Ce jour, ma maman a juste pris le dépliant de la Fondation, elle ne s’imaginait pas que cette rencontre changerait notre vie ».
Chaque jour, la famille de Jessica avait de moins en mois à manger. Leur papa ne les aidait presque pas, alors les trois frères et sœur ont commencé à vendre dans les bus, les stades et les rues de la ville. La situation ne s’améliorant pas, ils ont décidé de se rendre à la Fondation.
“ A Sol de Primavera, je me suis intégrée à plusieurs ateliers puis je me suis formée en boulangerie et pâtisserie. J’ai reçu de l’aide sous forme d’une bourse scolaire et j’ai pu terminé mon baccalauréat. Actuellement je travaille au bar de la FLACSO (Faculté de communication social) où je confectionne des desserts. Je reçois un salaire fixe avec lequel je peux aider ma maman. Ma maman a toujours été ma force pour aller de l’avant ».
Jessica est restée six ans à la fondation. Sa maman a participé aux différents ateliers éducatifs destinés aux parents. Elle y a appris à mieux traiter ses enfants et à les écouter. Pour elle, sa fille représente son inspiration et sa force de vivre. Ses yeux se remplissent de larmes en expliquant ce que Sol de Primavera signifie pour elle. Elle arrive juste à dire « Que Dieu les remercie », et Jessica complète, « Sol c’est ma vie ! ».
Jessica : “ Je n’ai jamais aimé que l’on me voit comme une victime, je repense à tous les problèmes que j’ai eu et je sais que Sol de Primavera a été un espace où j’ai pu apprendre à les assumer afin d’être plus sur de moi et plus forte. Je me suis faite de vrais amis, j’ai appris à voir le monde sous une autre forme. Maintenant je me révolte contre l’injustice, je sais que l’on ne peut aller de l’avant sans notre famille, et que nous devons faire de grands efforts pour être différents.
“A Sol, la relation avec les éducateurs est remplie de tendresse et d’attention, j’ai appris à embrasser, à donner de l’attention mais aussi à pleurer. J’ai appris à voir de monde sous un autre angle. Maintenant dans ma famille, nous ne sommes plus des mendiants mais des acteurs de notre propre vie.
Jessica aujourd’hui désire continuer à travailler dans une pâtisserie, aider sa maman et pouvoir vivre dignement avec amour et attention. Elle porte Sol dans son cœur et sait que la fondation est un lieu de vie et de construction.
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