jeudi 29 octobre 2009

Voilà mon contrat à Sol de Primavera est terminé...Cette année aura passé comme un éclair. Le travail avec les jeunes, avec la communauté, au centre de santé représente un nombre incalculable d'apprentissages, de contacts, d'amitiés construites que je n'oublierai jamais...Le départ a été difficile.
Après une fête pleine d'émotions, je suis partie en vacances. Je vous transmets quelques photos et vous dis à tout bientôt...

La Nariz del Diabolo

Vilcabamba

Le parque de Cajas

Cuenca

Tena

samedi 26 septembre 2009

Rentrée des classes


Lundi 7 septembre, jour de rentrée des classes...C'est avec passablement d'appréhension que toute l'équipe de Sol de Primavera attendait la venue d'une centaine de jeunes. Cette année scolaire est une année record en ce qui concerne le nombre d'étudiants. Les petits nouveaux sont environ une quarantaine! Pour faire fasse à tout ce monde, une reorganisation des salles de classe a été necessaire et chaque mètre carré de la fondation est occuppé!

La première semaine a été dédiquée a faire connaissance, et pour ce faire, on a organisé deux sorties dans des parques de la ville. Je vous laisse imaginer ce que c'est de faire des jeux avec une centaine de gamins et d'essayer de transmettre par ces activités les valeurs de respect, de partage, d'entraide...


L'organisation du repas a aussi été quelque chose d'assez épique. La grande majorité n'ayant pas amené de cuillère, ni d'assiette, on a fini par installer la nourriture sur des sacs plastiques et tout le monde a mangé avec les mains...Assez sympa en fin de compte...


Après les premières semaines, on commence petit à petit à connaire les jeunes. Beaucoup sont très jeunes, 11-12 ans. Certains n'ont jusqu'alors reçu aucune base d'éducation de la part de leur parents...j'ai personnellement été frappé par le fait que pour certain, la seul façon de s'exprimer est par les insultes, les coups, les menaces...D'autres ont un tel manque d'affection, qu'ils viennent, nous prennent dans leurs bras et ne veulent pas se détacher. Dans les histoires de vie chocantes, entre autres histoires car toutes sont terribles, deux enfants 13 et 16 ans, on vecu toute leur enfance en prison, avec leur mère. Les 2 sont extrements dénutris, presentent des sequelles causées par les efluves de drogues qui regnent à longueur de temps dans les prisons, et souffrent d'un manque...de tout. C'est juste horrible...D'autres enfants ont été exploités par leur parents, qui se sont servi d'eux pour voler et vendre de la drogue...


La situation de chaque enfant est juste révoltante mais on garde espoir. Avec un gros travail et surtout énormement de tendresse, on sait que ces jeunes vont pouvoir aller de l'avant. Ça prendra du temps, beaucoup de temps mais on y croit tous et c'est l'essenciel.


jeudi 17 septembre 2009

lundi 10 août 2009

Vacances scolaires

Après avoir travaillé avec l'équipe santé puis l'équipe sociale, je suis maintenant integrée a l'équipe éducative. A la fin de l'année scolaire, j'ai pu assister à la remise des diplômes des jeunes. C'était avec beaucoup d'émotions, que nos petits protégés ont reçu leur titre d'artisan, titre reconnu par la chambre des artisans de Quito. C'était juste beau de voir leur sourires et l'émotion des parents (malheureusement la seule photo qui est bien sortie est quand on délirait avec les éducateurs).

Suite à ça, une partie des jeunes sont partis en stage. Avec les autres, on organise des activités recreatives afin de diminuer les risques que le travail infantil, la drogue et la violence ne reviennent dans leur quotidien. Donc depuis juillet, on fait des randonnées, on va à la piscine, on joue au foot, je suis responsable de l'atelier bijouterie et je donne même une iniciation à la capoeira deux fois par semaine. C'est avec beaucoup de plaisir que je vois que petit à petit, je noue une belle relation avec eux, même si souvent il me manque des aptitudes niveau éducatif (je ne suis pas très douée quand il faut faire preuve d'autorité).


Voilà je vous laisse aprécier quelques photos...



Délire entre éducs







Rando en montagne






dimanche 14 juin 2009

Ateliers sexualité

Durant le mois de mai et juin, nous avons organisé 3 ateliers sur la sexualité et le VIH pour les jeunes de la fondation. Auparavant nous avions pu remarquer que certains adolescents n'avaient encore reçu aucune information à ce sujet. Les plus jeunes (13 ans) entraient dans la puberté sans pouvoir aborder le sujet avec leurs parents.
Les thèmes abordés ont donc été dans un premier temps la puberté et tous les changements intervenants pendant l'adolescence autant d'un point de vue physique que psychologique et familial. Dans un deuxième temps, nous avons parlé des relations fille-garçon et thème qui me tenait a coeur, nous avons beaucoup discuté du machisme et du chantage qu'exercent de nombreux hommes sur les femmes en leur demandant ce qu'ils appelent ici "la preuve d'amour". Ce qui poussent beaucoup de jeunes filles (parfois très jeunes) à avoir leur première relation sexuelle sans qu'elles puissent réellement prendre leur décision et même sans savoir qu'elles ont le droit de dire si elles se sentent prêtes ou non.
Dans un troisième atelier, nous avons parlé du VIH, problème encore relativement tabou ici. Comme on peut le voir sur les photos, la pratique avec les préservatifs a été assez comique, et on n'a pas manqué au gonflage de balon! Pour ma part, j'ai adoré animer ces discutions. Je dois chercher des fois vraiment loin pour trouver comment aborder certains thèmes. Cette fois j'ai même écris une lettre d'amour en me mettant dans la peau d'une fille dont son copain lui demandait "la preuve d'amour". Sur du papier rose, je lui écris que je ne me sentais pas prête, que je l'aimais, etc...Je crois que les filles ont apprécié ma lettre et certains garçons ont reconnu le chantage caché derrière la fameuse preuve!
Suite à ces atteliers, les collègues et aussi certains jeunes m'appellent maintenant doctorita condom, moi ça me plaît assez! Voila la doctorita condom vous embrassent tous!

samedi 23 mai 2009

Temoignage

Jessica a 19 ans, c’est une jeune fille forte et sur d’elle. En fixant l’horizon, elle se souvient et nous raconte son histoire.

Cela fait plus de 6 ans qu’elle et sa famille ont déménagé et se sont installés dans un quartier urbain marginal de la ville. Ses parents ont été renvoyés de la fabrique de bois dans laquelle ils travaillaient. Cette fabrique se situait dans l’extrême nord de la ville où ils vivaient alors.

Ne sachant pas où aller, la grand-mère de Jessica les a accueilli dans sa maison. Son travail est de vendre des fleurs au cimetière de San Diego. La maman de Jessica travaillait avec elle, jusqu’au jour où sa sœur lui a donné son poste de ménagère dans une entreprise municipale. Le père de Jessica n’a jamais été un soutien, il maltraite constamment physiquement et psychologiquement sa femme et ses enfants. Souffrant de pharmacodépendance, il vend de la drogue et vole les passants dans le centre historique de Quito.

Après un certain temps, la famille a pu trouver une chambre afin de vivre indépendament de la grand-mère mais le salaire de la maman ne suffisait pas pour couvrir les frais de logement et d’éducation des trois enfants. Comme ils ne pouvaient plus payer le loyer, on leur a coupé l’électricité et l’eau. Un jour Orlando, le petit frère de Jessica, a demandé un dollar à sa grand-maman pour acheter des chiclettes et est parti les vendre dans les bus. C’est lors d’un de ces premiers jours de vente, que Orlando a rencontré une travailleuse sociale de la Fondation. Celle-ci est ensuite allée visiter la maman à son travail. « Ce jour, ma maman a juste pris le dépliant de la Fondation, elle ne s’imaginait pas que cette rencontre changerait notre vie ».

Chaque jour, la famille de Jessica avait de moins en mois à manger. Leur papa ne les aidait presque pas, alors les trois frères et sœur ont commencé à vendre dans les bus, les stades et les rues de la ville. La situation ne s’améliorant pas, ils ont décidé de se rendre à la Fondation.

“ A Sol de Primavera, je me suis intégrée à plusieurs ateliers puis je me suis formée en boulangerie et pâtisserie. J’ai reçu de l’aide sous forme d’une bourse scolaire et j’ai pu terminé mon baccalauréat. Actuellement je travaille au bar de la FLACSO (Faculté de communication social) où je confectionne des desserts. Je reçois un salaire fixe avec lequel je peux aider ma maman. Ma maman a toujours été ma force pour aller de l’avant ».

Jessica est restée six ans à la fondation. Sa maman a participé aux différents ateliers éducatifs destinés aux parents. Elle y a appris à mieux traiter ses enfants et à les écouter. Pour elle, sa fille représente son inspiration et sa force de vivre. Ses yeux se remplissent de larmes en expliquant ce que Sol de Primavera signifie pour elle. Elle arrive juste à dire « Que Dieu les remercie », et Jessica complète, « Sol c’est ma vie ! ».

Jessica : “ Je n’ai jamais aimé que l’on me voit comme une victime, je repense à tous les problèmes que j’ai eu et je sais que Sol de Primavera a été un espace où j’ai pu apprendre à les assumer afin d’être plus sur de moi et plus forte. Je me suis faite de vrais amis, j’ai appris à voir le monde sous une autre forme. Maintenant je me révolte contre l’injustice, je sais que l’on ne peut aller de l’avant sans notre famille, et que nous devons faire de grands efforts pour être différents.

“A Sol, la relation avec les éducateurs est remplie de tendresse et d’attention, j’ai appris à embrasser, à donner de l’attention mais aussi à pleurer. J’ai appris à voir de monde sous un autre angle. Maintenant dans ma famille, nous ne sommes plus des mendiants mais des acteurs de notre propre vie.

Jessica aujourd’hui désire continuer à travailler dans une pâtisserie, aider sa maman et pouvoir vivre dignement avec amour et attention. Elle porte Sol dans son cœur et sait que la fondation est un lieu de vie et de construction.

dimanche 17 mai 2009

Vacances

Après six mois en Equateur, je découvre enfin l'océan! Profitant d'une semaine de vacances, je suis allé à Puerto Lopez, ville se trouvant à l'entrée du parque nacional de Machalilla. De là, des circuits sont organisés pour visiter l'Isla de la Plata. Sur cette île, on peut découvrir une végétation et une faune ressemblant à celle des Galapagos. La grande variété d'oiseaux qu'on y rencontre est impressionnante. Depuis le bateau, on a également eu la chance d'apercevoir deux tortues géantes et des poissons de toutes les couleurs.

Dans le parque de Machalilla, j'ai pu, avec un guide, visiter la forêt, découvrant de nombreuses plantes médicinales, des arbres fruitiers, des plantes dangereuses...Le guide, qui ne devait pas avoir plus de 17 ans, m'a aussi parler de sa communauté. En organisant des circuits de tourisme communautaire, ils ont pu mettre en place un projet de reforestation, et au niveau social, créer une école. Chaque membre du village est impliqué dans ce projet et le touriste est vraiment accueilli chaleureusement.




De retour à Quito, de nouveaux défis m'attendaient dans la fondation. Durant les discutions dans les groupes de prévention, on avait effectué un contrôle du poids, pression, glycémie de chaqu'un. Maintenant après avoir analysé les résultats, on va former des groupes de personnes par pathologie et organiser des cours sur ce qui est du diabète, du surpoids, de l'hypertension et de l'alcoolisme. Un suivi à domicile se fera aussi, ce qui sera de ma responsabilité!


Donc cette semaine, avec l'aide de l'équipe sociale, on a débuté les investigations à domicile. Les situations rencontrées, encore une fois, m'ont beaucoup touchées. On découvre des maisons extrement instables, pas achevées, où parfois une famille habite dans une seule pièce, des personnes diabètiques n'ayant pas les moyens de se faire soigner et présentant déjà des signes de cécité, et toujours le problème de l'alcoolisme, leitmotif dans presque chaque famille. Dans nos visites, on va aussi chez les jeunes de la fondation et jour après jour, je me rends un peu plus compte de l'importance du travail de Sol de Primavera.

Pour ce qui est de la prochaine semaine, on va aussi donner des cours sur la sexualité et la contraception aux jeunes, car après certains problèmes, on s'est rendu compte qu'il y avait de gros manques d'informations à ce niveau.
En conclusion aujourd'hui, je dirai que le travail et la vie à Sol de Primavera me passionne de plus en plus. Je vois malheureusement les jours et les mois défilants vraiment trop vite...